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Je publie ce que j’ai moi-même reçu, non ceci est mon sang, mais une lettre d’une fille. Bonne lecture ! Et surtout prière pour que nous soyons pleins d’imagination, habiles comme des fils de la lumière !

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Lettre ouverte aux évêques, et aux prêtres,

Après plusieurs jours de réflexion et de prière, je me lance dans la rédaction de cette lettre afin de vous transmettre la faim et la soif de certains de vos fidèles.

Il peut être délicat de vous dire le fond de ma pensée, ainsi, je vais essayer de le faire dans un entier respect, sans vous juger, ni vous critiquer. Par contre, je me permets de juger certains de vos actes ou certaines de vos décisions qui pour ma part (je suis loin d’être la seule) sont très décevants. Ces décisions, à savoir d’arrêter la célébration des messes publiques pour des mesures de sécurité, sont légitimes jusqu’à un certain point. La Confédération a donné des mesures de sécurité très claires, mais encore très ouvertes par rapport à d’autres pays (je pense par exemple à la France). Ici, en Suisse romande, le confinement n’est pas total. Ainsi, tout en respectant les mesures prises par le Conseil Fédéral, nous pourrions participer à des messes et recevoir le Corps du Christ dans nos maisons. Certes, plus de la même manière, mais ceci n’empêche pas d’innover (je parlerai plus bas des différentes propositions). De plus, cela fait maintenant plus de 40 jours que nous sommes en confinement, donc 40 jours que nous pouvons réfléchir à des solutions, à renouveler notre foi, à évoluer et essayer de vraiment vivre ce que le Pape nous invite à faire. Pour parler franc, nous expliquer l’importance de la communion de désir commence à devenir répétitif et insuffisant, car ceci ne répond pas à notre soif !

Je reprends les mots d’Enri Quantin dans Aleteia, qui dit : « Je ne peux pas croire que certains curés se satisfassent de la situation. Je ne peux pas croire que la fine pointe du don d’euxmêmes soit l’hygiénisme sanitaire. Il faudrait alors revenir publiquement sur la canonisation de saint François d’Assise et dénoncer le baiser au lépreux comme un acte imprudent anti-citoyen. Je ne peux pas croire que même les plus cabotins de nos clercs voient dans le confinement l’occasion d’entamer une carrière de Youtuber. » En effet, on ne peut pas répondre à une question spirituelle par de la technique, encore de la technique, toujours la technique. Celle qui envahissait déjà notre quotidien pour le travail, les relations, les communications, les nouvelles, les films et j’en passe. Non, on ne peut pas répondre par la technique. Je ne nie en aucun cas tous les bienfaits de la technologie. J’ajouterai enfin les paroles du frère dominicain Jean-Ariel Bauza-Salinas (sur le site Zenit) : « si l’urgence pastorale entraîne seulement une multiplication de la présence du clergé sur les réseaux sociaux, on passe à côté de quelque chose. »

Le 24 avril 2020

Aujourd’hui, nous ne demandons pas de théories ou d’enseignements (du moins pas uniquement), nous vous demandons simplement à manger. Car oui, je le redis, nous avons faim de Celui qui se donne à nous, nous avons faim de Celui qui est mort pour nous, nous avons faim du pain de Vie ! Quelle chance de pouvoir avoir Dieu, dans nos familles, dans nos communautés grâce à la prière, à la louange. Le Seigneur est Amour. Il a donné sa vie par amour pour le Salut du monde. Qu’il nous apprenne à le suivre, et ainsi, à entrer dans cette dynamique du don de nous-même, « car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de la bonne nouvelle la sauvera » Marc (8,35). En aucun cas, je dis qu’il faut se jeter dans la gueule du loup, ni tenter le Seigneur, nous sommes d’accord, car « le courage chrétien est toujours prudent, mais c’est du courage » ! (Pape François) Je pourrais reprendre les mots de Grégory Solari qui explique de manière très belle cette absence réelle que nous vivons. Je vais ici me contenter de résumer son propos par ces quelques mots : l’Eucharistie, c’est la communion ! « Cette familiarité du chrétien avec le Seigneur est toujours communautaire.  Une familiarité sans le pain, sans communauté, sans église, sans le peuple, sans les sacrements est dangereuse » nous dit le Pape François lors de son homélie du 17 avril 2020. Le Saint-Père témoigne ensuite d’une belle discussion qu’il a pu avoir avec l’un de ses confrères qui l’a fait beaucoup réfléchir sur le fait que nous ne vivons plus vraiment une communion ensemble : « nous sommes ensemble, mais pas ensemble ». Le Pape François reconnaît l’importance de la communauté, « l’idéal de l’Église est toujours avec le peuple et avec les sacrements ». Ainsi, il nous appelle à ne pas « viraliser l’Église », ni « virtualiser les sacrements » car il s’agit d’une familiarité concrète avec le peuple. « Que le Seigneur nous enseigne cette intimité avec Lui, cette familiarité avec Lui, mais dans l’Église, avec les sacrements, avec le saint peuple fidèle de Dieu. » C’est simplement cela que nous vous demandons. Nous désirons ardemment être pris en compte, être écoutés. Donnez-nous à manger, donnez-nous Jésus. Nous sommes comme Marie- Madeleine, qui allant au tombeau le découvre vide, et demande au jardinier de lui redonner le Corps Saint de Jésus.

Ainsi, j’en viens aux propositions.

Premièrement, je pense qu’il est vraiment possible d’organiser des messes (2, 4, 6 messes par jour s’il le faut) avec, comme dans les centres commerciaux, des restrictions sur le nombre, sur les distances, et les mesures de sécurité. Nos églises sont grandes.

Deuxièmement, que les prêtres n’hésitent pas à apporter l’eucharistie dans les familles : nos portes sont ouvertes pour accueillir celui que l’on aime tant, celui qu’on veut suivre, celui qu’on veut recevoir dans notre cœur et dans notre corps. Le Seigneur est seul, des gens ont soif, il n’est pas si compliqué de lier ces deux éléments afin de répondre à la soif de chacun. Oui, Dieu s’est donné pour nous tous. Des jeunes de confiance peuvent aller apporter la communion, des jeunes prêtres et tout autre volontaire qui croit que le Seigneur est puissant et grand. On ne pas transmettre le corona en son Corps, car Il est le Pain de Vie.

En troisième lieu, j’ajouterais la possibilité de confier la présence réelle de Jésus dans les familles afin que l’on puisse l’adorer, ou alors le rendre plus présent dans les villages reculés.

Quatrièmement, il serait aussi possible de faire des confessions, et pas uniquement pour les mourants. En effet, des mesures de sécurité peuvent se faire par plein de biais différents. Si les postes et magasins alimentaires trouvent des solutions, pourquoi l’Église suisse se ferme-t-elle sur elle-même pour « des mesures de sécurité » ?

En dernier lieu, je proposerais aussi des petits pèlerinages vers des lieux de guérisons ou de protections (comme les croix qui ont déjà protégé de la peste), chez Sainte Marguerite Bays, à Bourguillon ou dans tous lieux mariaux (tout en respectant les mesures de sécurité nécessaires). Car oui, Marie nous protège vraiment de la maladie, du danger et elle intercède auprès de Dieu pour nous sauver. Elle, qui a une relation intime avec son Fils, mérite davantage d’attention. Dans quelques jours, nous pourrons aller chez le coiffeur, et même chez l’esthéticienne, sont-ils plus importants et moins dangereux (dans la transmission du virus) que le Corps du Christ ?

Bien sûr, ceci nécessite une grande organisation, mais, nous avons plus de temps libre. Ce temps pourrait vraiment être donné pour organiser des horaires afin de s’inscrire à des messes, aller apporter la communion, s’inscrire à des confessions… Nous sommes prêts à vraiment nous engager pour l’Église suisse car c’est aujourd’hui qu’elle a besoin de nous, et non demain !

J’ai bien écouté ou lu les réponses de Mgr Morerod sur Facebook, dans la Gruyère ou sur d’autres sites. J’attends maintenant des réponses qui vont un peu plus dans le sens de ce que dit le Pape, car ce dernier nous appelle à un courage, tout en gardant notre prudence, bien sûr. En d’autres termes, nous attendons maintenant de l’Église de Suisse, qu’elle se lève, qu’elle soit là pour ses fidèles, prête à quitter son troupeau pour aller chercher la/les brebis égarée/s. Une Église qui croit en la Grâce, qui est prête à se donner, à la suite du Christ, des martyres et des saints, pour aimer sans mesure ! Bref, un message vivant !

Je vous remercie d’avance pour l’attention que vous nous porterez, Dans l’attente de votre réponse,
Que Dieu soit votre Force,

J. F.

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