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Dans son livre posthume, Conrad de Meester a dépeint une grotesque caricature, une fiction et un faux portrait de la vénérable. La famille de Marthe Robin, les personnes qui ont beaucoup aimé et connu Marthe Robin ou celles qui la prie ont été blessées par la présentation d’une autre femme, une vue de l’esprit.

Dans tout procès en béatification, il ne faut pas craindre la tempête et les contradictions, ni leur médiatisation. Un chrétien ne doit jamais avoir peur de la vérité, quelle qu’elle soit. La contradiction permet d’avancer vers le mystère de la vérité.

Une polémique est une vague, une occasion pour surfer afin de donner la réplique.

Le Pape nous dit souvent que le temps est supérieur à l’espace. Si le moment de la sortie du livre par des éditions dominicaines fut un instant de sidération, le timing de la réponse vient à point nommé. La foi n’est jamais absurde ou contraire à la raison et à l’intelligence.

Liens :

Le Pendolino ( 1 )

Le Pendolino ( 2 )

Le Pendolino ( 3 )

Le Père répond au Père: Marthe Robin en vérité

Qui n’a pas été à court d’arguments lors de la sortie très médiatique des quelques thèses du Père Carmes Conrad de Meester. Même Paris Match était de la partie. Au pays de Roger Federer, la fameuse phrase du tennis claquait dans les oreilles: “jeu, set et match”. Presque par K.O.

Les principales accusations peuvent se résumer ou se condenser en quelques points :

  • Marthe est une fille illégitime ( réponse: une fausse rumeur dont l’origine est connue )
  • faussaire ( r: des experts tombent d’accord pour authentifier la sincérité de Marthe )
  • plagiaire ( r: 95 % des écrits de Marthe sont des citations personnelles )
  • simulatrice
  • Marthe fut capable de marcher et ? même de monter au lustre, humour du P.Vignon ? ( r: personne ne l’a prise en flagrant délit de marcher )
  • fausse stigmatisée ( r: les médecins n’auraient-ils pas vu la peinture ? )
  • Marthe a encouragé bien des fondateurs de nouvelles communautés déviantes ( r: Marthe respectait les personnes, écoutait en silence )
  • découverte morte, Marthe avait des chaussons usés au pieds. Marthe se déplaçait ( r: le diable n’a pas tué Marthe, mais l’action d’une tierce personne est plus que probable )

Le Père Pierre Vignon, prêtre en France, bien connu pour son engagement en faveur des victimes, s’est mis au vert afin de prendre sa belle plume. Avec humour et bon sens, son livre répond sereinement aux questions ou aux fausses affirmations de l’un des experts de la cause. Au contraire du Père de Meester, le Père Vignon a le grand avantage d’avoir très bien connu Marthe Robin.

Entrons alors dans quelques réponses (- les numéros de pages du livre) apportées avec grande précision:

  • Marthe Robin serait une fille illégitime de sa mère, née d’un commis agricole. – (pg 105 à 109 ) Ce sont des racontars qui ont été démentis. La source de cette fausse affirmation est connue. Elle provient de Ferdinand Robin, un cousin éloigné de Joseph. Pour ce parent, le père de Marthe était un dévot réactionnaire. Il haïssait Joseph. De plus, Ferdinand plaça du fumier à côté du puit pour empoisonner ces voisins. Marthe failli en mourir. Marthe est bien la fille de Joseph et d’Amélie.
  • Faussaire:- (pg 60 à 64 ) pour quatre experts, sans s’être consultés “la franchise de Marthe est totale, rien n’est fabriqué pour tromper. Les différences d’écritures ( la thèse la plus importante de de Meester ) ne traduisent nullement l’insincérité des conduites et des sentiments. La franchise est totale, rien n’est fabriqué pour tromper”. Le Père Vignon indique les noms des secrétaires possibles ( écritures qui viennent d’une même enseignante d’une même école ).
  • la graphologie révèle que Marthe écrivait de sa main: – ( pg 54 à 64 ) le Père Conrad a basé son étude sur des photocopies. Et les professionnels de la graphologie n’utilisent jamais des photocopies ! Un immense pan de la thèse s’écroule. La comparaison fuse: le capitaine Dreyfus ne fut-il pas accusé par une fausse étude de l’écriture ?
  • plagiaire: – ( pg 57 ) comme Padre Pio, son cahier sont des notes intimes, nullement censées être publiées au point d’en faire un livre ou une thèse théologiques. Sur près de 500 pages publiées de son journal intime, moins de 5% sont des citations explicites, souvent remaniées.
  • Marthe n’est pas la fondatrice des Foyers de Charité. Elle a copié l’idée, dont elle se serait servi avec habilité: – (pg 127 à 129 ). Cette allégation provient d’une certaine Mlle Blanck, personne dévote qui voulait tout régenter, une espèce de dictateur voulant les choses comme elle l’exigeait ( propos d’un expert de la cause ). Cependant, Marthe elle-même parle de Dieu comme d’un foyer de lumière et d’amour, en 1930-1932.
  • Les nombreux fondateurs se sont réclamés de Marthe. – le Père Vignon rappelle que les propos ne viennent que des seuls “gourous”. Marthe respectait les personnes et écoutait beaucoup. La récupération de sa notoriété a aussi servi un pan traditionaliste nationaliste. En outre, les postulateurs de l’époque ont fait une liste des personnes l’utilisant à dessein dans un livre paru aux éditions Emmanuel. C’est beaucoup de mousse pour peu de bière. Car Marthe se taisait. Le P.Colon l’a bien relevé “j’ai vu des gens déçus par son silence mais pas par ses propos”.
  • Marthe pouvait marcher, si Marthe bougeait encore deux doigts en 1942, c’est qu’elle pouvait écrire d’après le Père de Meester. Elle gérait donc sa mise en scène comme un impresario. Elle pouvait donc se lever, boire, manger et revenir dans son divan pour simuler sa passion. – (pg 57 ) or les témoins qui l’ont soignée n’ont jamais vu Marthe bouger. Le Père Conrad n’a jamais vu ou rencontrer Marthe Robin. Quelques jours avant sa mort, la fenêtre est restée ouverte et Marthe a pris froid. Si elle avait pu bouger, elle aurait fermé la fenêtre toute seule. Toutefois, elle fut retrouvée comme un glaçon.
  • Marthe est retrouvée morte, avec des chaussons usés au pied, donc elle marchait ! – sa mort est en effet mystérieuse. Les chaussons puaient et d’où sortait-il ? Personne n’était présent, pas de témoin. Le Père Vignon parle alors de l’oeuvre d’une tierce personne. En l’état, il est presque impossible de trouver un nom à cette mystérieuse personne, la responsable de cette mise en scène dramatique. Mais elle doit bien exister.

Tout le dossier comporte 17 000 pages. Une seule expertise, dont le Saint-Siège a pris acte sans la retenir, ne saurait tromper le grand public. Marthe fut une personne équilibrée, sereine, remplie d’humour, simple, sensible, fine et délicate.

Après cette petite litanie synthétique, je conclus: le mérite de ce livre se trouve dans le ton de la réponse. L’auteur nous ouvre délicatement la porte de la chambre de Marthe. Au fil des pages, une authentique mystique est dépeinte sous nos yeux. L’artiste est divin car Marthe nous échappera toujours, entrée dans l’infini mystère de Dieu avec la très Sainte Vierge Marie. Opération vérité réussie. Face à la polémique, ou l’exposition d’une thèse qui a pu devenir une fixation ou une obsession, l’humour et le réel débouchent toujours vers la paix de l’esprit.

Deux saints de Suisse:

Personnellement, j’ajouterais Sainte Marguerite Bays, de Fribourg, également tertiaire franciscaine, qui fut également stigmatisée. Cela semble un héritage de Saint François, premier stigmatisé de l’histoire. A voir si notre Pape sera aussi porteur des marques de la passion ? Nous le verrons sur la blancheur de sa soutane … Ceci dit, imaginer de la peinture dans la chambre de Marthe pour simuler les stigmates ne tient pas. Les médecins auraient-ils été incapables d’en découvrir la couleur ?

Et “at last but not the least”: Saint Nicolas de Flue, patron de la confédération Suisse, se nourrissait uniquement, durant 20 ans, de l’Eucharistie, également sans jamais manger. Marthe Robin entre bien dans cette grande famille des mystiques, qui nous dépassera toujours.

La France, pays du rugby et du foot, conclurait: “balle au centre !”

Toutefois, avantage à Marthe ! En l’état, elle est vénérable, L’ensemble des preuves convergent vers cette intime conviction. Marthe Robin en vérité, un livre à lire absolument.

Vénérable Marthe Robin, priez pour nous !

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