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La Vie

À l’origine, il y a le père Thomas Philippe. Accompagnateur spirituel du fondateur de l’Arche, Jean Vanier, ce dominicain est une figure encombrante dans l’histoire de cette fédération de communautés accueillant des personnes porteuses d’un handicap. Avec son frère, Marie-Dominique Philippe, lui aussi dominicain, fondateur de la congrégation Saint-Jean, ils forment un duo au cœur de plusieurs scandales d’abus révélés dans l’Église catholique depuis une vingtaine d’années, de l’enquête de La Vie en 2001, « Des gourous dans les couvents », jusqu’à la diffusion l’an dernier sur Arte du documentaire Religieuses abusées, l’autre scandale de l’Église.

Depuis 2014, plusieurs témoignages sont ainsi parvenus à l’Arche, venant de femmes abusées sexuellement et spirituellement par Thomas Philippe. Des cas suffisamment graves pour que l’association, présente dans 38 pays, entreprenne un travail de vérité pour démêler les fils de son histoire. « Nous ne mettrons pas cette réalité sous le tapis », ont régulièrement martelé ses responsables. Plusieurs enquêtes indépendantes ont ainsi été initiées, et l’association a décidé d’en communiquer les premiers résultats.

Et les faits mis au jour sont effarants, profondément déstabilisants compte tenu du rayonnement de Jean Vanier au sein du monde catholique. Contrairement à ce qu’il a toujours affirmé, le fondateur de l’Arche avait bien connaissance de la condamnation par le Saint-Siège de Thomas Philippe, prononcée en 1956. Mais la réalité est bien pire, et de nature à sérieusement ternir l’image de cette personnalité essentielle de l’Église ces dernières décennies : il a lui-même reproduit, à l’époque et jusqu’en 2005, le comportement qu’il a « appris » de son « père spirituel ».

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