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Barbarin relaxé pour prescription. 

Le Monde

Comme en première instance, la cour d’appel a estimé que l’archevêque en savait assez, alors, pour le dénoncer. Mais ce délit tombe sous le coup de la prescription, dont le délai est de trois ans en matière de non-dénonciation.

Les victimes, une fois à l’âge adulte, doivent porter plainte par elle-mêmes. 
Alexandre Hezez était en mesure de porter plainte par elle-même, à l’instar de toutes les autres, ce qu’elles ont fait au final.

La cour d’appel considère dès lors que les traumatisme vécus (“répercussions psychologiques”, “mémoire traumatique”, “sentiment de honte”) par les victimes “ne seraient être assimilés à une maladie, une infirmité, une déficience physique ou psychique”

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Poursuivi pour non-dénonciation d’agressions sexuelles sur mineurs, le cardinal Philippe Barbarin a été relaxé pour prescription par la cour d’appel de Lyon, jeudi 30 janvier. Une décision conforme aux réquisitions du ministère public et à l’engagement combatif des avocats de la défense.

A lire: La Vie

Notons que le Cardinal avait annoncé qu’il quitterait Lyon. La Parole Libérée va se pourvoir en cassation. Enfin, le primat des Gaules va à nouveau remettre sa démission au Pape François BFMTV.

François Devaux, président de la Parole Libérée, déçu, respecte la décision (La Croix)

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La Croix

le 30/01/2020 à 13:36

Le cardinal Barbarin est relaxé
Le cardinal Barbarin, le 29 novembre à Lyon. JEFF PACHOUD/AFP

L’archevêque de Lyon était-il coupable d’avoir entravé volontairement la justice en s’abstenant de dénoncer les agissements de Bernard Preynat dans les années 1990 ? L’aumônier scout avait alors abusé de dizaines de scouts de sa paroisse, en toute impunité, sans que jamais ses supérieurs ne prennent de mesures adéquates ni ne le dénonce à la justice pénale. Quand en 2014, l’une des victimes se rend compte que l’abuseur est toujours en charge d’une paroisse, il s’en inquiète vivement auprès du cardinal Barbarin. Il faudra plusieurs mois pour que Bernard Preynat soit mis à l’écart.

→ AUPRÈS DES CATHOLIQUES DE LYON. L’ombre du cardinal Barbarin sur l’Église

« Je ne sais pas ce que je n’ai pas fait », a déclaré à plusieurs reprises le cardinal Barbarin qui pensait avoir accompli son devoir en attendant de Rome des conseils, voire des instructions pour gérer un dossier si ancien. Considérant que les faits n’étaient pas prescrits et que l’archevêque avait délibérément évité de dénoncer l’agresseur, le tribunal correctionnel de Lyon avait condamné Philippe Barbarin à six mois de prison avec sursis. En sens contraire, à l’issue de deux jours de débats et deux mois de délibéré, la 4e chambre correctionnelle de la cour d’appel de Lyon présidée par Eric Seguy a donc décidé la relaxe. Par leur arrêt, les magistrats considèrent en effet que l’infraction de non-dénonciation des faits d’abus sur mineurs n’était pas constituée.

L’avenir du cardinal

Quatre années de procédure judiciaire débouchent donc sur l’absence de condamnation. Ce feuilleton judiciaire a englouti toutes les activités du cardinal Barbarin. Peinant à prendre la mesure du dossier, engagé dans une communication parfois maladroite, l’archevêque de Lyon est devenu inaudible, bouc émissaire d’une opinion publique et parfois même catholique, scandalisée par les abus sexuels et spirituels commis dans l’Église.

La justice pourrait sceller le départ du cardinal Barbarin

Avant même de connaître l’issue du procès en première instance, le cardinal Barbarin avait pris la décision de présenter sa démission au pape François, qui l’a refusée dans l’attente du procès en appel. Un administrateur apostolique en la personne de Mgr Michel Dubost était toutefois nommé le 24 juin 2019 pour gouverner l’un des plus prestigieux diocèses de France. Relaxé, on imagine pourtant mal comment Philippe Barbarin pourrait reprendre sa place à la tête d’un diocèse fracturé. À 69 ans, le cardinal bien en vue à Rome, proche des chrétiens d’Orient, sera-t-il à la retraite forcée ou servira-t-il encore l’Église universelle ?

L’Église ébranlée

De l’affaire Preynat au procès Barbarin

L’affaire Preynat, vite devenue l’affaire Barbarin a profondément secoué l’Église catholique. La condamnation de Mgr Pican, en 2001, avait déjà mis en évidence une affaire d’agression pédophile dans l’Église. Et plusieurs mesures avaient été prises au fil des ans, sans pour autant être à la hauteur du fléau qui s’était sournoisement développé dans l’institution. L’action opiniâtre et collective des victimes de Bernard Preynat, regroupées au sein de l’association La Parole libérée a largement contribué à la prise de conscience de l’ampleur du drame.

L’Église face à la pédophilie

En confiant une large mission d’investigation à une commission indépendante, sous la présidence de Jean-Marc Sauvé, l’Église s’est engagée dans un vaste recensement de ces pénibles affaires d’agressions sexuelles qui ont entaché un demi-siècle de vie ecclésiale. Le procès lyonnais risque bien d’en annoncer d’autres.

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