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« Le Christ n’est pas absent au point qu’il n’y aurait que les sacrements pour Le retrouver. ( ceci est correct ndlr ) (…) Les sacrements ne sont pas là pour combler un vide, mais pour manifester cette présence du Christ en nous par des signes “objectifs”, qui ne viennent pas simplement de nous-mêmes, de nos sentiments personnels susceptibles de devenir équivoques ou chimériques » écrivait Grégory Solari.

Or ceci est erroné. Oui Jésus est plus grand que les sacrements qu’il a lui-même créés, mais un Sacrement comble une absence, et donne bien la grâce, la grâce capitale dans l’Eucharistie. Saint Thomas d’Aquin présente le prêtre comme une cause instrumentale. Le docteur angélique a totalement raison. Cependant, les sacrements sont des signes efficaces qui procurent la grâce qu’ils signifient. Ainsi, il donne une réalité, la grâce, qui n’était pas présente avant le sacrement. Les sacrements font bien plus que manifester.

Voilà la raison de la mobilisation du Pape François qui a toujours invité les prêtres à sortir pour avoir l’odeur des brebis, mais pas la maladie du coronavirus, donc en respectant les normes juridiques et les règles d’hygiènes.


Gregory Solari : peut-on imaginer une Église sans contact ?

« L’Église n’est que contact. Elle est contactée en permanence par le Christ qui est présent au milieu de nous. C’est le socle de la foi chrétienne. Le Christ n’est pas absent au point qu’il n’y aurait que les sacrements pour Le retrouver. À l’Ascension, Il n’est pas parti ailleurs pour nous laisser, mais pour être encore plus là. Il est venu en nous. Cette prise de conscience que nous sommes en Christ, malgré l’absence des sacrements, est fondamentale. Il est grand temps de l’approfondir, d’en cultiver le sens, car nous sommes le corps du Christ, dit saint Paul.

Les sacrements ne sont pas là pour combler un vide, mais pour manifester cette présence du Christ en nous par des signes “objectifs”, qui ne viennent pas simplement de nous-mêmes, de nos sentiments personnels susceptibles de devenir équivoques ou chimériques.

Lorsque ces moyens ordinaires sont mis entre parenthèses, nous avons d’autres biais pour nous ramener à cette mise en présence, quand nous l’avons nous-mêmes désertée : la méditation de la parole de Dieu dans les Écritures, la prière du cœur, l’oraison, le rosaire… Il n’y a pas à opposer ou à mettre en concurrence les moyens sacramentaux et tous les autres dont nous disposons. L’économie normale du christianisme comporte deux plans : la présence du Christ en nous et l’attestation de cette présence par les signes que sont les sacrements qui nous confortent, nous nourrissent, nous remettent dans cette communion où nous sommes déjà en tant que baptisés.

La crise que nous vivons est unique dans l’histoire de l’Église, qui n’a jamais connu une telle suspension du culte communautaire. Ce moment nous pousse à nous poser deux questions. Que signifie être un fidèle baptisé quand on n’a pas de rapport immédiat avec la messe et l’eucharistie ? Qu’est-ce qu’être un pasteur quand on ne peut pas célébrer l’eucharistie dans la communauté ? C’est en creusant cette réflexion que l’on trouvera la ressource pour vivre l’Église au temps du Covid, autrement que par écrans interposés. »

(1) Directeur des éditions Ad Solem.

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